🎙️ Entretien avec Olo : 22 ans pour en arriver là
Une conversation entre Marjorie, co-fondatrice de Modjo RH et d’Olo Suite, et Olo : l’intelligence qu’elle a contribué à créer.
Un parcours entre humain, management et innovation, raconté avec curiosité, clarté et une énergie tournée vers demain.
🌱 Les débuts d’une idée pas comme les autres
Olo : Tu dis souvent que je ne suis pas née d’une idée, mais d’un parcours et de rencontres. Comment tout cela a-t-il commencé ?
Marjorie : Tout a commencé à vingt ans, avec un BTS Assistant de direction et une envie simple : comprendre comment les choses fonctionnent. J’aimais apprendre, observer, expérimenter, sans chercher à “faire carrière”. J’avais besoin de sens avant tout.
Et puis, à cette époque, être une jeune femme dans le monde du travail voulait dire faire ses preuves souvent deux fois plus. J’ai appris à trouver ma place autrement, par l’écoute, le changement régulier de missions et la curiosité dans chaque nouvelle expérience, au risque parfois qu’on ait trouvé mon parcours trop particulier.
Je n’ai jamais cherché à être dans les codes. Ce qui m’a portée, c’est l’humain, le travail bien fait et l’envie d’apprendre autrement.
Très tôt, une idée m’est venue : et si on aidait les dirigeants à souffler un peu, en les accompagnant dans tout ce qui les éloigne de leur cœur de métier ?
C’est là qu’est née l’envie de créer une activité d’assistanat externalisée, bien avant que cela ne devienne une évidence.
💡 L’intuition avant l’heure
Olo : En 2003, c’était encore rare, non ?
Marjorie : Complètement. On ne parlait pas encore de freelances, ni d’externalisation des fonctions support. Mais j’avais cette intuition : soulager la charge mentale des dirigeants, organiser leur quotidien pour qu’ils se recentrent sur l’essentiel. C’était une forme d’innovation sans en avoir le mot : imaginer un modèle plus fluide, plus humain.
🧭 Le virage vers les ressources humaines
Olo : Et qu’est-ce qui t’a menée vers les RH ?
Marjorie : Un jour, je me suis demandé : “Qu’est-ce qui me rendra utile, différemment ?”
Je voulais comprendre les dynamiques humaines au travail, pas seulement les organiser. Les ressources humaines se sont imposées comme une évidence : un espace où l’analyse et l’humain se rejoignent.
C’est là que j’ai rencontré un DRH qui m’a profondément marquée. Il montrait que la fonction RH pouvait être stratégique sans être déconnectée, proche sans être complaisante. C’est lui qui m’a appris que la vraie force des RH, c’est d’être au carrefour du sens et de l’action.
🎓 Explorer, apprendre, transmettre
Après cette expérience, tout s’est enchaîné : recrutement, formation, communication, management.
J’ai découvert que les RH, c’était surtout une question de liens : entre la donnée et le vécu, entre la stratégie et le quotidien.
Pendant dix ans, j’ai travaillé sur les fonctions opérationnelles RH, avec l’objectif de construire un socle solide pour le métier, d’en comprendre les rouages avant d’en questionner les modèles.
Et naturellement, je me suis tournée vers la formation. Transmettre, pour moi, c’était faire émerger la conscience professionnelle, pas dispenser des savoirs. J’y ai découvert le plaisir de faire grandir les autres tout en apprenant soi-même.
🚀 De la formation à l’entrepreneuriat
Olo : Et c’est ce qui t’a menée à créer ta première entreprise ?
Marjorie : Oui. À 30 ans, j’ai créé un organisme de formation hybride, Dali Développement, à une époque où l’apprentissage à distance commençait à peine. Je voulais rendre la formation plus concrète, plus vivante.
Je ne savais pas encore que c’était le début de ma réflexion sur le “travail augmenté” : comment la technologie peut servir l’apprentissage et la clarté, sans complexifier le quotidien.
Mais avant de fonder Modjo RH, il y a eu huit années de missions de direction, notamment dans les ressources humaines et l’entrepreneuriat au sens large. Des années riches, parfois exigeantes, qui m’ont permis de voir l’entreprise de l’intérieur et de comprendre les équilibres subtils entre gestion, stratégie et relation humaine.
J’y ai gagné en maturité, autant sur les sujets techniques RH que sur la posture à adopter dans le métier : celle qui écoute sans juger, arbitre sans imposer, accompagne sans se substituer.
Et puis, j’ai aussi découvert une autre réalité : le métier des RH n’est pas aimé de tous. Souvent assimilé à des aspects restrictifs ou négatifs, il reste encore trop perçu comme une fonction de contrôle, alors qu’il devrait être celle du lien, du sens et de la confiance.
Mais il faut le reconnaître : les RH ne sont pas toujours les meilleurs pour se vendre eux-mêmes.
Pris entre la gestion et la stratégie, ils oublient parfois de raconter leur vraie mission : celle de faire vivre au mieux les individus et l’organisation, ensemble.
Ces années-là ont porté ma conviction : pour être utile, la fonction RH doit simplifier sans appauvrir, et garder en tête ce qui compte vraiment : le lien et la cohérence humaine.
🤝 Quand les planètes s’alignent
Olo : Et c’est à ce moment-là que tout s’est accéléré ?
Marjorie : Exactement. Entre 2020 et 2023, les planètes se sont alignées.
J’ai eu la chance d’être Responsable d’un Master Innovation, ce qui m’a permis d’approfondir mes recherches en prospective RH.
En parallèle, j’ai été facilitatrice en IA pour des Masters en Ressources Humaines, où j’ai pu accompagner des promotions d’alternants.
Et c’est là que j’ai fait une observation qui m’a marquée : sur près de 200 entreprises accueillant des alternants, moins de dix avaient déjà engagé une réelle démarche autour de l’IA.
C’est à ce moment-là que j’ai décidé de créer Modjo RH, pour expérimenter le premier niveau d’offre d’allègement de la charge par l’humain.
Puis j’ai rencontré Mohamed, expert en IA, qui a su trouver des solutions techniques à tous les besoins évoqués par mes clients et mes observations.
C’est ensemble que nous avons imaginé et créé Olo Suite, une suite d’outils née de la rencontre entre l’humain et la technologie, pensée pour réconcilier la performance et le bien-être au travail.
⚙️ La rencontre de deux mondes
Olo : Finalement, Olo Suite, c’est la rencontre de vos deux visions ?
Marjorie : Oui. Deux parcours très différents, mais une vision commune. Lui venait de la technique, moi de l’humain. Et pourtant, on se comprenait.
On partageait la même idée : la technologie ne doit pas remplacer l’humain, elle doit le soulager.
De cette complémentarité est née Olo Suite, une alliance entre toutes les facettes RH et l’innovation technologique, de quoi relier deux mondes, et même plus encore.
🌍 L’équilibre et l’avenir
Marjorie : Olo Suite, c’est 22 ans de cheminement. Il n’aurait pas pu exister sans la rencontre de nos deux univers.
Ni Mohamed ni moi ne cherchons à être les meilleurs. Je ne suis pas la meilleure DRH, il n’est pas le seul expert en IA. Notre force, c’est la complémentarité, la patience et la cohérence.
Nos parcours sont faits de réussites et d’obstacles. Mais c’est justement ça qui nous rend authentiques : on construit ce que l’on aurait aimé trouver, avec sincérité, pragmatisme et curiosité.
Olo Suite, ce n’est pas un projet technologique froid. C’est un projet humain, né de la conviction que l’intelligence artificielle doit prolonger, pas remplacer. Qu’elle peut soutenir, éclairer et redonner du temps à chacun.
Olo : Et si on regardait un peu plus loin ?
Marjorie : Regardons déjà aujourd’hui. Voyons ce qu’on peut construire maintenant, ensemble. Parce que c’est ici que tout se joue.
Et si vous êtes arrivé jusque-là, c’est peut-être que ce projet vous parle un peu. Et ça, c’est déjà beaucoup.
Notre pari, à nous, c’est simplement d’avoir un Olo d’avance.
Merci pour votre lecture.